Lundi 21 janvier 2008

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Les Anasazis sont des Amérindiens du Grand Sud-Ouest de l’Amérique du Nord. Ils étaient répartis en plusieurs groupes dans les États actuels du Colorado, de l’Utah, de l’Arizona et du Nouveau-Mexique. Leur civilisation est remarquable pour plusieurs raisons. Elle a laissé de nombreux vestiges monumentaux et cultuels sur plusieurs sites, dont deux sont classés sur la liste du patrimoine mondial établie par l'UNESCO. Ensuite, les vestiges retrouvés par les archéologues témoignent d'une maîtrise des techniques de la céramique, du tissage et de l'irrigation. Enfin, les Anasazis savaient observer le soleil et dessinaient des symboles restés mystérieux dans le désert[1]. Aujourd'hui, les descendants des Anasazis, les Zuñis et les Hopis de l’Arizona et du Nouveau-Mexique perpétuent leur culture.

On ignore, faute de textes anciens, par quel nom les Anasazis se désignaient eux-mêmes. Cette civilisation ayant disparu avant l'arrivée des Européens en Amérique, on utilise depuis les années 1950 le mot « Anasazi », signifiant « les anciens »[2] ou « anciens ennemis » en langue Navajo pour désigner toutes les cultures vivant dans les Pueblos. Quand le mot « Anasazi » a été proposé, la signification « ancien ennemi » n'était apparemment pas connue. Quant aux Pueblos historiques, leur nom vient de l'espagnol « village », car les conquistadores avaient été frappés par l'architecture de leurs communautés. Les Indiens Hopis utilisent le mot « Hisatsinom » signifiant simplement « anciens habitants » dans leur propre langue plutôt que celui d'Anasazi, jugé trop péjoratif pour désigner ses propres ancêtres. Enfin, il ne faut pas confondre la culture « Anasazi » et les cultures semblables qui ont vécu dans la même région : les Hohokams, les Mogollons et les Patayans, des peuples qui ont tous disparu avant le XVIe siècle.

On dispose de plusieurs types de sources pour reconstituer la civilisation des Anasazis :

  • Les récits traditionnels des pueblos amérindiens, qui se transmettent à l'oral depuis des générations. L'artisanat et les croyances des descendants des Anasazis permettent de formuler un certain nombre d'hypothèses sérieuses.
  • Les témoignages des conquistadores espagnols qui explorent la région à partir du XVIe siècle. La plus importante de ces expéditions est celle de Francisco Vásquez de Coronado qui était parti chercher les « cités d'or » de Quivira et Cíbola. Les chroniques et les lettres envoyées par les explorateurs sont une source précieuse d'informations, à condition de les prendre avec précaution. À la fin du XIXe siècle, le fermier Charley Mason et les frères Wetherill découvrent les principaux sites anasazis.
  • Les fouilles archéologiques commencent vraiment avec le Suédois Gustaf Nordenskiöld (1868-1895)[3]. Le climat aride de la région a permis la bonne conservation de milliers d'objets en fibres végétales (atlatl en bois, flèches en roseau, tissus en coton) ou animales (tendons, cuirs). De même, le milieu sec a préservé plusieurs squelettes qui ont été étudiés par les anthropologues et qui donnent des renseignements sur la santé, l'alimentation et la morphologie des Anasazis.

D'après les dernières théories formulées par les chercheurs, le peuplement du continent américain remonte à au moins 20 000 années. Les Paléoindiens se sont sédentarisés dans le Sud-Ouest de l'Amérique du Nord il y a environ 12 000 ans. Les préhistoriens ont exhumé les outils lithiques de cette population sur le célèbre site de Clovis. Elle chassait de grands animaux qui se sont éteints rapidement (mammouths…). Après la dernière glaciation (glaciation du Wisconsin), le climat est devenu plus chaud et sec. En Amérique centrale, les Olmèques pratiquaient la culture du maïs dès le IIe millénaire av. J.-C. Ils ont été par la suite supplantés par la civilisation de Teotihuacán alors que se succédaient, dans le reste du Mexique, les Zapotèques (Oaxaca) et enfin les Aztèques, contemporains de l'apogée de la culture anasazie. Avec l'arrivée des conquistadores espagnols au XVIe siècle, les cultures amérindiennes ont connu des mutations radicales. Les grands empires se sont éteints, alors que les Indiens pueblos avaient déjà remplacé les Anasazis

L'histoire de ce peuple reste énigmatique, faute de sources écrites. Les travaux des archéologues permettent néanmoins d'entrevoir plusieurs phases chronologiques, dont les dates sont approximatives : la région du sud-ouest des États-Unis a d'abord été occupée par les peuples de la tradition Sohara (v. 5500 av. J.-C. – v. 400 ap. J.-C.). Les Anasazis succèdent au VIIIe siècle ap. J.-C. aux Basketmakers, les « vanniers », implantés dans ces territoires montagneux et semi-arides quelque temps avant l’ère chrétienne. La sédentarisation progressive de ces chasseurs-cueilleurs, liée au développement de l’agriculture, aboutit à l’émergence d’une nouvelle culture dite de Pueblo, en référence aux villages constitués de maisons en briques de terre que les Anasazis du Mesa Verde installent à l’abri des falaises des grands canyons d’une région accidentée et verdoyante située au cœur du désert du Colorado. Les débuts (période Pueblo I, de 700 à 900) sont caractérisés par de petites maisons isolées et par l'apparition de la culture du coton. Si la période Pueblo II (de 900 à 1100) marque un apogée qui se manifeste par un enrichissement des parures, Pueblo III (de 1100 à 1300) connaît un refoulement des divers Anasazis dans le seul Mesa Verde et le retour à un habitat troglodytique rudimentaire.

À partir de 1300, les Anasazis se réfugient dans la vallée du Río Grande et au centre de l'Arizona. On finit par perdre leur trace avant l'arrivée des Européens. Les causes de cet exode restent mystérieuses : un changement climatique a-t-il touché les récoltes ? L'environnement s'est-il soudainement dégradé (déforestation, manque de terres cultivables) ? La pression démographique est-elle devenue trop forte (surpopulation) ? Des problèmes d'ordre politique sont-ils apparus ? Des guerres ont-elles ruiné la région ? En l'absence de documents écrits et en l'état des connaissances actuelles, il est difficile de répondre à ces questions.

Les archéologues ont retrouvé des vestiges de cette culture dans quatre états américains : Arizona, Utah, Nouveau-Mexique et Colorado. Comme ces états se touchent par un coin, on désigne cette région sous le nom anglais de Four Corners (région des « Quatre Coins »). Si les paysages de ces contrées sont grandioses, les conditions naturelles rendent la vie difficile : l'aridité marque la plupart des espaces, qui prennent un aspect désertique (désert de Sonora) ou semi désertique. Les deux plus grands fleuves coulent du nord vers le sud et sont le Río Grande et le Colorado qui se jette dans le Golfe de Californie. Les arroyos sont des cours d'eau temporaires qui se remplissent au moindre orage. Cependant, les Anasazis savent utiliser les ressources naturelles et respecter l'équilibre de l'environnement. Ils cueillent par exemple les feuilles du yucca pour les tresser. Ils maîtrisent les techniques agricoles, l'irrigation et se sont adaptés aux contraintes du milieu. Les produits qu'ils ne trouvent pas sur place sont importés d'autres régions.

Ensuite, l'altitude est une autre contrainte. Les hivers sont froids et la neige peut recouvrir le sol. L'écart des températures entre l'hiver et l'été est important. À l'est, les Montagnes Rocheuses culminent à plus de 4 000 mètres au-dessus du niveau de la mer. L'aire de la culture anasazie s'étend sur de hauts plateaux (plateau du Colorado), parcourus par des fleuves qui coulent dans des vallées encaissées. Les habitants se sont surtout installés sur les mesa, terme espagnol signifiant « table », des plateaux rocheux balayés par les vents. La géologie de la région est assez complexe mais offre toutes sortes de matériaux depuis le grès jusqu'aux roches d'origine volcanique. La flore et la faune dépendent de la nature du sol, des précipitations et de l'altitude

L'archéologie nous fait connaître une grande variété de maisons et de villages anasazis. Les plus anciennes habitations étaient bien modestes : il s'agissait de petites maisons primitives, chacune assez grande pour loger une famille. Elles étaient aménagées dans des fondations peu profondes (maisons-puits[4]). Leur toit était recouvert de terre et de branchages. Le foyer se trouvait au centre. Ces habitations primitives se sont regroupées à la faveur de la croissance démographique pour former des hameaux. Cette croissance des villages manifeste une organisation collective plus ou moins consciente de l'espace. À partir du Xe siècle, ces villages pouvaient abriter plusieurs centaines d'habitants. Ils choisissaient des sites de plateau (Chaco Canyon 950-1100) ou des abris naturels (falaises de Mesa Verde 1100-1300).

Les Anasazis savaient choisir des sites naturels exceptionnels pour s'installer : plusieurs villages se sont ainsi abrités sous d'imposantes falaises au XIIIe siècle. Creusées dans les parois de gigantesques canyons, les habitations troglodytiques attirent toujours la curiosité des touristes. Ce type d'habitat présentait l'avantage d'offrir une protection contre la pluie ou la neige. L'orientation des villages préservait la communauté du froid en hiver et de la canicule en été. De plus, de tels sites constituaient un rempart naturel contre d'éventuelles attaques. En revanche, les champs étaient plus éloignés des habitations et moins accessibles pour les habitants.

Leurs murs étaient faits d'une sorte de torchis (appelé jacal au Mexique) appliqué sur un treillage. Les constructions les mieux conservées aujourd'hui comportaient une structure de pierres sèches tenues ensemble par un mortier. On pouvait aussi utiliser des briques cuites. Dans différents villages, certaines maisons ont gardé des traces de peintures décoratives[5], sur des revêtements en plâtre, en argile ou en adobe.

Le toit était recouvert par des couches d'argile et de branchages maintenus sur des rondins de bois. Les maisons ne comptaient qu'un seul niveau au début, mais pouvaient s'agrandir par le haut, en ajoutant un ou deux étages supplémentaires. Plusieurs pièces rectangulaires étaient réservées au stockage de la nourriture au rez-de-chaussée. La vie quotidienne se déroulait surtout sur les terrasses de ces habitations : espace de travail (préparation du maïs, tissage), elles servaient aussi de lieu de sociabilité.

Dans les villages, les archéologues se sont beaucoup intéressé aux places (plaza) et aux kivas : ces pièces étaient dévolues au travail ou au repos dans les premiers temps. Puis, les grandes kivas semblent avoir servi de lieu de cérémonies religieuses pour la communauté. (Voir le paragraphe sur les croyances).

Agriculteurs sédentaires, les Anasazis cultivaient leurs champs qui étaient proches des habitations. Ils récoltaient le maïs (qui était à la base de leur alimentation), les haricots, les courges, les calebasses et le tabac. Toutes ces plantes étaient originaires de la Mésoamérique et sont fondamentales dans les civilisations précolombiennes. Les champs se trouvaient sur les espaces plats (mesas, plaines…) jusqu'à 2100 mètres au-dessus du niveau de la mer. Plus haut, les conditions climatiques étaient trop difficiles pour cultiver. Leurs instruments agraires étaient en pierre et en bois (houe, pelle, bâton à fouir…) étant donné que les Anasazis ne maîtrisaient pas les techniques de la métallurgie.

En revanche, ce peuple a progressivement adopté les techniques d'irrigation venues du Mexique : soit en puisant l'eau des fleuves (Rio Grande), soit en constituant des réserves d'eau de pluie. La construction de petits barrages, de canaux et de réservoirs nécessitait une certaine organisation de la communauté. Une partie des récoltes était entreposée en cas de mauvaises récoltes. Une partie des cérémonies religieuses devaient appeler la protection des esprits sur les récoltes. Le maïs et les courges étaient séchés et stockés. Les pommes de pin étaient détachées à l'aide de perches avant d'être chauffées pour qu'elles libèrent les pignons. Ces derniers étaient soit consommés directement, soit écrasés pour préparer des galettes. Les graines de tournesol devaient être écossées et entreposées dans des jarres. Les céréales étaient gardées dans des récipients fermés, afin de les protéger des rongeurs et des insectes. Au VIe siècle apparaît une poterie décorée de figures (lignes, points) qui reprennent sans doute des décors simples de vannerie. Plus tard, le décor devient plus complexe : des représentations d'animaux ou d'êtres humains sont dessinées. Les couleurs utilisées sont différentes selon les régions : noir et blanc dans le Colorado, noir et rouge dans le nord de l'Arizona, rouge et chamois dans l'Utah. La poterie était souvent richement décorée de motifs incrustés avant cuisson au moyen de divers objets (épis de céréales, tige de yucca ou coquillages).

Même s'ils avaient abandonné le mode de vie nomade depuis des siècles, les Amérindiens du Sud-Ouest américain n'ont jamais complètement abandonné la chasse et la cueillette pratiquée par leurs ancêtres. Pignons, baies, fruits sauvages (figues de barbarie) constituaient une nourriture d'appoint. Ils trouvaient du gibier sur les plateaux (bisons, cervidés, antilopes) et dans les montagnes (cervidés, wapitis, mouflons). Les animaux plus petits (lapins, écureuils, oiseaux…) étaient capturés au moyen de pièges et de filets en yucca et constituaient la principale source de viande.

Les animaux plus grands étaient débités sur le lieu de chasse. La viande était accommodée en ragoûts ou bien hachée. On appréciait également la moelle des os et on gardait la peau et les tendons pour d'autres usages. L'élevage des dindes ne servait qu'à fournir des plumes. Leur viande n'était pas consommée. Comme les chiens, elles servaient plutôt d'animal de compagnie.

Pour préparer le repas, on faisait du feu en frottant un bâton sur une plaque de bois. Le foyer était ensuite entretenu dans un trou creusé à même sol. Pour cuisiner, on se servait d'ustensiles en terre cuite, en bois ou en os. Pour faire bouillir de l'eau, on ne pouvait pas allumer un feu sous une poterie : cela l’aurait détruite ! On déposait donc des pierres brûlantes au fond du récipient afin qu'elles chauffent le liquide.

Pour finir, on peut noter que des traces de cannibalisme ont été retrouvées sur d'anciens sites anasazi comme celui de Cowboy Wash (IXe et Xe siècles)[6].

Les Anasazis ont laissé de nombreux pétroglyphes dans le désert américain sur des falaises en grès. Il s'agit de dessins plus ou moins stylisés, gravés dans la paroi des canyons. Certains de ces graffitis étaient peints directement sur la roche. Ils peuvent être isolés ou couvrir plusieurs mètres carrés. Les archéologues ne peuvent faire que des suppositions quant à leur signification :

  • Ces dessins figurent souvent des animaux et témoignent de l'importance de la chasse.
  • D'autres signes seraient des cartes rudimentaires indiquant des sources ou des villages.
  • La figuration de céréales représente une bonne récolte.
  • Certains motifs représentent une famille ou un groupe d'hommes. Scènes de danse.
  • Les spirales, dont certaines atteignent 75 centimètres de diamètre, évoquent le mouvement du soleil ou le temps qui passe. Elles appartiennent peut-être à une sorte de calendrier rituel. Pour les Pueblos d'aujourd'hui, elles symbolisent les migrations des tribus.

Plusieurs sites de pétroglyphes sont en relation avec les solstices d'été et d'hiver. Ceux de Hovenweep National Monument ou de la butte Fajada (le poignard du soleil) indiquent clairement ce moment de l'année. Les alignements de bâtiments du site archéologique de Chimney Rock prouvent que les Anasazis comprenaient et savaient prévoir le cycle draconitique de la Lune, qui dure 18,6 ans.

Les historiens ignorent s'il existait un clergé structuré. On sait que certains personnages recherchaient occasionnellement à provoquer des visions en prenant des plantes hallucinogènes. Des graines de datura ont été retrouvées à Mesa Verde : cette plante toxique provoque des hallucinations. Les cérémonies se pratiquaient sur des autels, dont on a conservé quelques exemplaires en bois peint[7]. Les fouilles ont aussi collecté des bâtons de prière en bois qui étaient offerts aux « esprits ». Le Chaco Canyon semble pour certains historiens, avoir été un grand centre de pèlerinage pour les populations des alentours[8].

Les anciens Anasazis rendaient un culte au dieu Kokopelli ainsi qu'aux kachinas, des esprits invisibles. Il existait des cérémonies collectives destinées à invoquer les esprits afin qu'ils protègent la communauté. Elles étaient organisées dans les kivas. La religion des Anasazis se rapprochaient de l'animisme : on a retrouvé les ossements d'un perroquet ara enterré de façon rituelle à Salmon Ruin dans le Nouveau-Mexique[9].

Les kivas étaient des chambres rituelles circulaires creusées dans le sol et recouvertes d'un toit ; édifice en partie souterrain, on y descendait par une petite échelle pour pratiquer le culte ou réunir le conseil du village. Un foyer était aménagé au centre et la fumée s'échappait par un conduit de ventilation, doté d'un déflecteur. Les plus grandes pouvaient accueillir plusieurs centaines de personnes qui pouvaient s'asseoir sur des banquettes en pierre. Les grandes kivas de Chaco Canyon avaient un diamètre de 18 mètres et étaient subdivisées en fonction des points cardinaux. Des fêtes religieuses liées aux cycles agricoles devaient être célébrées dans ces kivas, exclusivement par les hommes.
La société devait probablement ressembler à celle des Pueblos actuels. La société des Anasazis s’organise selon un système
matriarcal (le couple s’installe sur le lieu de résidence de la mère de l’épouse) et matrilinéaire. Ce sont les femmes qui possèdent le patrimoine familial, maison et champs. Le mari doit intégrer le clan de sa femme. La femme peut divorcer. Les archéologues ne sont pas certains que les Anasazis vivaient en clans. Ils penchent plutôt pour une organisation égalitaire[10], sans groupes sociaux hiérarchisés.

Les hommes tissaient le coton pour en faire des couvertures et des chemises. Ils utilisaient d'autres fibres végétales (yucca) ou des matières d'origine animale (peaux, fourrures) pour leurs vêtements. Ils portaient des sandales et des mocassins, et probablement des chaussures adaptées à la neige pour l'hiver.

Les bijoux étaient courants : colliers, boucles d'oreilles, bracelets, broches, peignes étaient faits en bois, en os, en corail, en jais et en pierres diverses. La turquoise donnait lieu à un commerce fleurissant et les Amérindiens leur prêtaient des vertus magiques ; les moins belles étaient utilisées comme monnaie[11]. On a même retrouvé des instruments de musique (flûte en os…).

Les Anasazis faisaient venir des coquillages de Californie, des perles de cuivre du Mexique, du coton, de la fibrolite, des perroquets (aras) du Mexique… Les marchands empruntaient des sentiers qui formaient un réseau assez vaste. Mais il n'y avait pas de véritables routes aménagées pour le commerce, contrairement aux voies de l'empire inca. De plus, les fleuves de la région ne sont pas navigables.

Pueblo Bonito, dans le Chaco Canyon, est attesté comme l'un des grands centres de commerce des Anasazis. La région était parcourue par un réseau de voies qui reliaient entre eux une centaine de villages[12]. On ne payait pas avec de l'argent mais en donnant quelque chose en échange : c'est le système du troc.

Dans la vie quotidienne, les Anasazis se servaient de différents objets, que l'on peut voir aujourd'hui dans les grands musées américains[13] :

  • Paniers, corbeilles faits en osier, yucca, sumac étaient destinés à de multiples usages. Ils étaient par exemple utilisés comme sac à dos pour transporter des outils, des branchages ou de la nourriture.
  • Poteries et céramiques : urnes, bols, jarres, pichets, cuillères, petites figurines…
  • Outils et armes en pierre : alênes, pointes de flèches, massues, couteaux en obsidienne, haches en fibrolite ou en limonite.
  • Objets pour le tissage du coton, pour coudre le cuir (aiguilles en os).
  • Fil (parfois en cheveux), ficelle et cordages (fibres de yucca).
sites:
Par Elen - Publié dans : indiens
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Lundi 21 janvier 2008

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Conte des Orcades de Sigurd Towrie,traduit par Jean-Louis Laurin

 

 

Une nuit, il y a longtemps, au grand manoir de Scar, sur l'île de Sanday, la jeune fille préposée à cette activité entra dans la cabane où étaient les vaches pour les traire.

Comme elle le faisait chaque jour depuis déjà quelques années, elle apportait son tabouret, son seau et une lampe à huile pour s'éclairer dans cette étable miteuse.

Elle posa son tabouret sur les dalles du sol et s'assit auprès de la première vache. Elle murmura quelques mots pour apaiser la bête indifférente, puis elle glissa le seau sous le pis gonflé. Elle avait soigneusement accroché sa lampe à un pieu à sa gauche. La lumière vacillait faisant danser les ombres autour d'elle comme des diablotins fous.

Elle avait à peine commencé à traire la vache que la faible lumière de la lampe s'éteignit.

Bien que n'ayant pas peur du noir - les hivers dans les Orcades sont particulièrement longs et sombres - le cœur de la jeune fille se mit à faire des bonds dans sa poitrine. En tâtonnant dans cette impénétrable obscurité, elle se dirigea vers sa lampe pour la rallumer, mais à peine s'en était-elle saisie que la petite flamme se réanima. En poussant un soupir de soulagement, la jeune fille se laissa tomber sur son tabouret en regardant avec un peu de nervosité les stalles une à une. Rien ne bougeait.
"Dieu merci," marmonna-t-elle, "mais une nuit aussi calme que celle-ci, c'est sûrement un petit coup de vent !"

Comme elle surveillait du coin de l'œil sa petite lampe, une main noire et spectrale apparut dans l'air et éteignit à nouveau la lampe. En laissant échapper un cri perçant, la jeune fille envoya promener le tabouret et se rua hors de cette étable noire, renversant du même coup le contenu du seau.

Les gens de Sanday étaient à peu près certains que l'esprit dans l'étable devait être celui d'une indienne que le mauvais Laird de Scar avait épousé lors d'un séjour dans l'Est. On disait que lors de son voyage de retour, sa nouvelle "épouse" avait insisté pour l'accompagner. Mais pendant ce voyage fatidique, le Laird eut quelques doutes sur l'accueil qu'on lui ferait en le voyant accompagné d'une amoureuse étrangère. Finalement, dans un mouvement de panique, il précipita l'infortunée créature par-dessus bord. Depuis ce jour, il était maudit.

Par Elen - Publié dans : contes - Communauté : ECRIMANIA ETPEINTURE
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Dimanche 20 janvier 2008
Qu'y a t-il de si important le mois prochain?La Saint-Valentin,évidemment!Et qui dit Saint -Valentin,dit meilleurs citations et proverbes romantiques!


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Un sourire est une clef secrète qui ouvre bien des coeurs... 
[ Baden-Powell ]

Par Elen
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Dimanche 20 janvier 2008

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C'était la fin de juillet. La flottille des harenguiers de Peel, les voiles à mi-mât, était prête à appareiller. Les hommes avaient semé leur orge, planté leurs pommes de terre, remis leurs bateaux à flot et arrimés leurs filets ; ils étaient prêts à la moisson en mer.

C'était une belle journée : le ciel était clair et le vent du nord soufflait agréablement. Mais, comme on dit : "Si la coutume ne respecte pas la coutume, la coutume en pâtira." La guérisseuse - était-elle sorcière ou prophétesse ? - qui avait appelé les vents favorables, se tenait sur le port aux côtés des femmes et des enfants pour observer les bateaux quand ils s'éloigneraient. On lui apporta un baquet plein d'une eau bénite tirée du puits saint. Puis on lui demanda de regarder l'eau du baquet et de se prononcer sur les chances de la flottille de harenguiers. Elle se pencha sur l'eau et regarda. Son visage devînt pâle, décomposé par l'effroi. Elle murmura :
- Malheur ! Malheur ! Souhaitez-vous vraiment savoir ce que je vois ?
- Nous t'écoutons, lui dirent-ils.
- Je vois les vagues sauvages et écumantes qui fouettent la Grande Tête de Bradda. Je vois la montée subite de la mer autour de la roche du Poulet et la lèvre du Briseur devient rouge. Je vois des filets, des longerons de navires et des cadavres projetés dans les airs, dans le bruit et la fureur. Et ceux de la flottille ne monteront jamais sous les étoiles.
Il y eut un silence de mort. Les hommes se rapprochèrent les uns des autres en murmurant. Gorty, l'amiral de la flottille de pêche, avança d'un pas, lui arracha le baquet des mains et le jeta à la mer en grognant :
- Aussi sûr que je suis vivant, aussi sûr que je suis vivant, femme, je serais bien capable de vous soulever de la même façon et de vous faire connaître le même sort. Si je ne me retenais pas, vous et toutes vos semblables, vous seriez jetées à la mer. Hé les gars ! Sommes-nous du genre à nous laisser influencer par de telles balivernes ? Allons, partons ! Et qu'avec l'aide de Dieu, notre pêche soit bonne !

- Ouais, pas de hareng, pas de mariage. Allons-y ! renchérit le jeune Cashen.
Ils levèrent les voiles, sortirent du port et s'éloignèrent laissant les terres derrière eux. En vue du Veau, ils mirent cap au sud pour contourner l'Epaule. Une légère brise les mena bientôt sur l'emplacement de pêche. Tous les hommes guettaient les signes de la présence des bancs de harengs, les fous de Bassan, les poissons jouant à la surface de l'eau huileuse.

Quand le soleil fut couché et que la nuit commença à s'assombrir au point de ne plus voir le fanion sur la proue, le capitaine de chaque embarcation tendit son bras par-dessus le bastingage. Quand il cessa de voir l'ongle de son pouce, il commanda aux hommes de remonter les filets. Mais ce que la sorcière avait prédit devînt bientôt la réalité. La mer changea de visage. Un vent d'ouest se leva soudain pour souffler en rafales. Il enfla la mer en grosses vagues écumantes. Les bateaux dérivaient, traînant leurs ancres derrière eux. Les hommes se mirent à naviguer contre le vent, se battant contre les éléments pour essayer de regagner les rivages. La foudre était leur seul éclairage. L'obscurité était telle qu'ils ne pouvaient pas même distinguer la silhouette des collines. Couvrant le tumulte de la mer, ils pouvaient entendre les lames marteler la côte rocheuse. Les vagues se déployaient hautes comme des montagnes, se brisaient au-dessus des bateaux et les submergeaient de la proue à la poupe. Elles les poussèrent sur les écueils du Veau où ils s'écrasèrent. Deux hommes seulement en réchappèrent.

Un bateau, cependant, sur lequel se trouvaient sept pêcheurs, avait réussi à rentrer au port avant l'orage. C'était un bateau de Dalby qui appartenait à sept jeunes gens tous célibataires. Ils avaient toujours respecté Dooinney Marrey, l'Homme de la Mer, lui avaient toujours jeté un plat de harengs, en retour de quoi, ils avaient toujours fait bonne pêche. Cette nuit-là, après que la flotte ait sorti ses filets - et à ce moment-là, la mer étant encore calme et peu agitée -, les sept garçons avaient entendu la voix de l'Homme de la Mer grondant pour leur dire :
- Si la mer est calme et plate maintenant, il y aura bientôt de l'orage !
Quand leur capitaine l'avait entendu, il avait dit :
- Accrochez les harengs par les ouïes !

Son équipage et lui avaient immédiatement remonté les filets et regagné le port.

Par la suite, il fut établi qu'aucun équipage ne se composerait plus uniquement de célibataires, mais qu'il y faudrait au moins un homme marié. A partir de ce jour, cette mer du sud prit le nom de Mer du Sang.
Quant à la sorcière, les habitants de Peel prétendirent que c'était elle qui était à l'origine de la tempête. Ils s'en saisirent et l'emmenèrent au sommet de Slieu Whallian. Là, ils l'enfermèrent dans un baril garni de clous et lui firent dévaler la pente jusque dans les marais. Pendant de très longues années, là où le baril avait roulé, il n'y eut qu'un espace nu sur lequel plus rien ne poussait, ni herbe, ni bois, ni ajoncs. On appelait cet endroit la Descente de la Sorcière et on prétendait qu'on y entendait des cris perçants, chaque année le jour où elle avait été mise à mort.



Contes et légendes de l'Ile de Man par Sophia Morrison (1860-1917)
Publiés à LONDRES, par DAVID NUTT, 1911
© F.Coakley, 2001- www.manxnotebook.com
traduction de Jean-Louis Laurin

Par Elen - Publié dans : contes
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Dimanche 20 janvier 2008

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résumé:

Jane, orpheline, est d'abord recueillie par sa tante, Mrs Reed, tenue par une promesse faite à son mari avant sa mort. Jane Eyre est toutefois élevée comme inférieure à ses cousins qui n'hésitent pas à la maltraiter. Suite à une forte rébellion auprès de sa tante , precedee par une punition demesuree ce qui la fit tomber en syncope , Jane Eyre, 10 ans, est envoyée en internat à Lowood. Elle s’y fait une amie sincère, Helen Burns, qui décède de la tuberculose qu’elle doit aux très mauvaises conditions de l’internat ( Ce passage est fortement inspiré de l'expérience de l'auteur. Deux des sœurs de Charlotte Brontë sont en effet mortes en bas âge des mauvaises conditions de vie dans leur école, l'école des sœurs de Cowan Bridge.)
Apres l'epidemie , les conditions de vie de l'internat changent et celui-ci devient un etablissement de qualite . Après 8 années passées à Lowood - 6 en tant qu'étudiante et 2 en tant que professeur - Jane veut changer de vie et passe une annonce dans un journal pour trouver un poste de précepteur. Mme Fairfax lui répond afin qu'elle vienne faire l'éducation d'Adèle, la protégée de Mr Rochester, 40 ans, riche propriétaire de Thornfield-Hall.

Au fil des mois, la jeune institutrice apprend à connaître son « maître » (comme elle l’appelle souvent), et l’admiration qu’elle a pour lui se transforme bientôt en amour profond. Consciente de la différence à la fois d’âge et de fortune qui les sépare, elle ne peut réfréner ses sentiments, et cela même quand elle pense qu’il va en épouser une autre – la belle et fière, miss Ingram. Cependant, il lui apprend un jour que malgré son physique différent, son âge et sa situation, c’est à elle qu’il a toujours donné la préférence et qu’il veut l’épouser. Trop heureuse pour croire à son bonheur, Jane accepte et les noces se préparent. Mais le jour du mariage, Jane apprend devant l’autel le terrible secret de Mr Rochester. Marié dans sa jeunesse sous l’influence de son père et de son frère à une femme qui s’avéra folle, il ne peut en épouser une autre sous peine de bigamie. Sa première épouse est, en effet, toujours vivante et vit cachée dans les étages de Thornfield-Hall sous la garde de Grace Pool .

Anéantie, Jane s’enfuit dans la nuit pour fuir la tentation de devenir l’épouse illégitime de Mr. Rochester. Sans argent, elle erre trois jours durant dans une région inconnue avant de trouver refuge, mourante, dans la maison de la famille Rivers. Elle y reste un mois et se lie d’amitié avec les deux jeunes Mary et Diana, laissées sans fortune après la mort de leur père. Elle fait aussi la connaissance de leur frère, le pasteur St-John Rivers ( dont le nom rappele celui de John Reed son cruel cousin ce qui laisse entendre que Jane refusera la demande en mariage de celui-ci ). A sa demande, il lui trouve un poste d’institutrice dans le village, ce qui lui permet de vivre de façon indépendante. Cependant, après quelques mois il découvre sa véritable identité et lui apprend que son oncle qu’elle n’a jamais connu est mort en lui laissant un riche héritage. Elle découvre en même temps, que les Rivers sont en fait ses cousins paternels et que leur oncle (et donc le sien) les a déshérité en sa faveur après une dispute avec leur père. Elle n’est que trop heureuse de trouver enfin une famille aimante et décide de partager son héritage avec ses cousins.
Vivant dans la maison familiale avec Mary, Diana et St-John, elle se lie peu à peu avec son cousin qui exerce sur elle une forte influence. Il a la vocation de devenir missionnaire et lui propose de l’accompagner en Inde et de devenir sa femme. Ce n’est pas l’amour qui guide sa demande mais son sens du devoir religieux et l’estime qu’il a pour le courage et l’intelligence de Jane. Bien que n’éprouvant pour St-John que des sentiments fraternels, elle est sur le point d’accepter. Elle souhaite cependant retourner à Thornfield pour s’enquérir du devenir de Mr Rochester dont elle n’a eu aucune nouvelle malgré plusieurs lettres envoyées.
Elle ne trouve là bas que ruine et apprend que la maison a brûlé dans un incendie peu de temps après son départ. C’est la femme aliénée de Mr Rochester qui a mis le feu à la maison, comme elle avait déjà tenté de le faire plusieurs fois. Elle est ensuite morte en se jetant du toit au milieu des flammes. Mr Rochester, en tentant de la sauver, ainsi que les autres habitants de la maison, s’est trouvé blessé et a perdu la vue et une de ses mains. Il vit maintenant seul dans un manoir reculé. Jane va immédiatement le rejoindre et l’aime toujours autant malgré son aspect physique encore plus inquiétant. Comme plus rien ne s’oppose à leur union, ils se marient enfin.
Grâce à l’argent de l’héritage, Mary et Diana ont aussi trouvé à se marier. Jane et Mr. Rochester vivent un mariage heureux et ce dernier retrouve même en partie la vue après deux ans de patience.



Mon avis:
Ce roman est d'une tendresse infinie où les personnages affrontent des épreuves terribles,même pour leur époque.L'espoir et le courage dont ils font preuve inspirent le lecteur.Ce livre est à lire et à relire.

 

Par Elen - Publié dans : romans
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Dimanche 20 janvier 2008

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Emily Jane Brontë (30 juillet 1818 Thornton - 19 décembre 1848 Haworth) est une poétesse et romancière britannique, sœur de Charlotte Brontë et d'Anne Brontë. Les Hauts de Hurlevent (Wuthering Heights), son unique roman, est considéré comme un classique de la littérature anglaise.

Cinquième enfant d'une famille de six, Emily Brontë passa quasiment toute sa courte vie dans un presbytère à Haworth, dans le Yorkshire, où son père, Patrick Brontë, était pasteur. C'est là que se développa son talent littéraire.

Pendant son enfance, après la mort de sa mère et de ses deux sœurs les plus âgées dans un pensionnat, son père et sa tante maternelle, Elizabeth Branwell, décident de laisser aux enfants une grande liberté. Emily crée alors avec Charlotte, Anne et leur frère Branwell un monde imaginaire: Angria, qu'ils mettent en scène dans des histoires. Puis Emily et Anne font sécession et créent les pays de Gondal et Gaaldine, plus austères et plus réalistes semble-t-il.

Emily, talentueuse et rêveuse, aura toujours du mal à composer avec le monde extérieur. Une seconde tentative de scolarisation, puis un premier poste d'institutrice se solderont par des échecs. En 1842, elle se rend à Bruxelles avec sa sœur Charlotte, où elle étudie le français et l'allemand et devient une excellente pianiste, avec une prédilection notamment pour Beethoven. Mais, cela accompli, elle retourne à Haworth, où elle devient la femme de charge du presbytère et partage le reste de ses jours entre les tâches ménagères, les longues promenades sur la lande et l'écriture.

Elle écrit beaucoup de poèmes mettant en scène des personnages du pays imaginaire de Gondal qu'elle a créé avec sa sœur Anne, ou relatifs à son expérience personnelle de la nature ou à ses prises de position philosophiques. Certains d'entre eux relatent des expériences de type mystique.

C'est la découverte des talent de poétesse d'Emily par sa famille qui conduit elle et ses sœurs à publier à compte d'auteur un recueil de leurs poésies en 1846. À cause des préjugés de cette époque envers les auteurs femmes, toutes les trois utilisent des pseudonymes masculins, Emily devenant "Ellis Bell".

Toujours à compte d'auteur et toujours sous son pseudonyme, elle publie ensuite en 1847 son unique roman Les Hauts de Hurlevent (Wuthering Heights) qui remporte un certain succès, même s'il n'est pas comparable à celui de Jane Eyre publié la même année par sa sœur Charlotte (1816-1855). Remarquable pour la densité de son écriture, la rigueur de sa construction et pour un romantisme très personnel influencé par le romantisme allemand, il a souvent été comparé à une tragédie grecque ou shakespearienne pour son intensité. Mais la construction innovatrice du roman rendit perplexes les critiques et la véritable reconnaissance sera tardive. Le génie d'Emily Brontë n'apparaîtra clairement qu'à partir de la fin du XIXe siècle.

De retour dans son foyer après une déception amoureuse, Branwell sombre dans l'alcoolisme. C'est sur Emily, la plus solide de la famille physiquement, que repose une grande partie du fardeau. À l'enterrement de son frère, elle prend froid, puis refuse systématiquement de se soigner. Elle meurt de la tuberculose le 19 décembre 1848 et est enterrée dans le caveau familial de l'Église de St. Michael and All Angels, à Haworth, Yorkshire de l'Ouest.


biblioweb.com

Par Elen - Publié dans : auteurs - Communauté : ECRIMANIA ETPEINTURE
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Samedi 19 janvier 2008

moi

Aujourd'hui,je ne pourrai pas écrire d'article.Je vais seulement publier cette citation qui résume assez bien mon état d'esprit du moment.

 

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"L'amitié,c'est quoi?
Tu ne sais pas comment,tu ne sais pas pourquoi
ça fonctionne tout seul et sans mode d'emploi
L'amitié c'est la joie de se dire à demain
C'est toi,c'est lui,c'est moi
Quand ensemble on est bien"
Partick Goavec

En effet,dans la nuit,vers 1h du matin,l'immeuble où je vis à pris feu.Un incendie s'est déclaré à l'avant dernier étage.Je pense qu'il serait justifié que je vous raconte les circonstances qui ont fait qu'un feu s'est déclaré,pour éviter que ce genre de choses se reproduisent.
Donc,la plupart des gens étaient couchés et d'un seul coup ,nous avons entendu un homme hurler.Comme ceci fait parti de notre quotidien personne n'y a prêté la moindre attention.Puis,nous avons entendu une femme hurler,ce qui a fait sortir quelques personnes.Puis nous avons aperçu une petite fille de six ans avec un chiot et un lapin qui courait dans les escaliers en disant que ses parents avaient mis le feu à l'immeuble.
Et là,stupéfaction!Tout le monde est sorti dans la nuit glaciale en pyjama et d'autre en sous-vêtements.Des voisins tombaient dans les couloirs,intoxiqués par la fumée.
Si j'ai choisi une citation sur l'amitié,c'est parce-qu'à ce moment là de la nuit,quand les personnes dehors à regarder les flammes s'élever dans le ciel se sont aperçus que certains de leurs voisins manquaient à l'appel;ces personnes craintives et méconnues ,n'ont pas hésiter à mettre leur vie en péril pour d'autres avec qui ils n'avaient aucune affinité.Les pompiers,la police et le maire ont été d'une gentillesse et d'une organisation exemplaire.Le maire qui nous tenait compagnie dans le froid envisageait déjà de nous reloger avant l'arrivée des pompiers.Personne n'a été laissé pour compte,même nos voisins qui n'ont plus ni vêtements,ni papiers,ni souvenirs.Et ce matin,en revenant récupérer nos affaires,nous nous sommes découverts sous un autre angle.Les gens qui ne s'appréciaient pas ont symphatisé et d'autres ont fait connaissance.Ce fut finalement un mal pour un bien.
Mais ce feu n'aurait jamais débuté si les parents de la petite fille n'avaient pas été ivres.Se disputant,ils ont enflammé la housse de leur sofa.Sans leur petite fille de six ans qui dormait,tous les habitants de cet immeuble seraient morts.Elle est l'héroïne de ce drame.(ainsi que réglisse,le magnifique saint-bernard qui a failli finir rôti et que les pompiers ont libéré dès leur arrivée).
J'espère qu'aucune autre petite fille ne connaîtra ce drame.



Je sais que plusieurs personnes suivent régulièrement ce blog et je les pris de m'excuser pour l'absence d'article nouveau.
Par Elen - Communauté : ECRIMANIA ETPEINTURE
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Vendredi 18 janvier 2008

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Ne vous lassez pas d'écouter ; parce qu'on apprend à parler en écoutant les autres. 

[Proverbe oriental]

Par Elen
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Vendredi 18 janvier 2008

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Lorsque tu es né, il pleuvait. Dieu pleurait toutes ses larmes car il venait de perdre son plus bel ange. [ Inconnu ] 




Tu t'y connais en citations et proverbes?Alors clique dessous:
www.quizz.biz/quizz-11240.html

Par Elen
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Vendredi 18 janvier 2008
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conte de fées du Donegal par Seumas MacManus,traduit par Jean-Louis Laurin.


l y a bien longtemps le roi et la reine d'Irlande eurent un fils qu'ils appelèrent Jack. Quand Jack fut devenu un jeune homme, il alla trouver ses parents et leur dit qu'il voulait voyager au loin pour tenter fortune. Tout ce que ses parents purent lui dire ne servit à rien. Ils ne purent pas le retenir. Avec la bénédiction de son père et de sa mère, il entreprit un très long voyage. Il voyagea tellement qu'il arriva plus loin que je ne pourrais vous le dire et deux fois plus loin que vous ne pourriez me le dire.

n jour qu'il traversait un grand bois, il rencontra un vieillard grisonnant qui lui demanda : "Jack, où allez-vous ?"
- Je vais chercher fortune, répondit-il.
- C'est bien, dit le vieil homme. Si vous souhaitez rendre service, il y a un géant qui vit de l'autre côté de ce bois. On l'appellent le géant des cent collines. Je crois qu'il cherche un jeune compagnon bon, fort, capable et intelligent comme vous.
- Je vais le trouver de ce pas, dit Jack.
Jack s'enfonça loin dans le bois jusqu'à ce qu'il ait atteint l'autre extrémité. Il découvrit alors un grand château. Il monta la colline, frappa à la porte et un grand géant sortit.
- Bienvenue, Jack, fils du roi d'Irlande ! Où allez-vous et que voulez-vous ?
- Je cherche à faire fortune, dit Jack. Et à trouver un emploi honnête. On m'a dit que le géant des cent collines cherchait un garçon droit et intelligent : je pense être celui-là.
- Bien, dit le géant. Je suis le géant des cent collines et j'ai besoin de vous. Chaque jour, je dois aller affronter un autre géant à l'autre bout du monde. Quand je ne suis pas là, je veux quelqu'un pour entretenir mon château et surveiller mes biens. Si vous remplissez cette tâche, si vous êtes fidèle et si vous faites tout ce que je vous demande, je vous donnerai un sac d'or à la fin de votre temps de service.
Jack promit qu'il ferait ce que le géant lui demandait. Le géant lui servit alors un copieux dîner et lui donna une bonne chambre. Jack dormit bien cette nuit-là. Le géant le réveilla le lendemain matin avant que la première alouette n'ait grimpé dans le ciel.
- Jack, mon garçon, je ne dois pas être en retard à l'autre bout du monde pour combattre le géant des quatre vents. Il est temps que vous vous mettiez au travail. Vous allez nettoyer ce château et y remettre de l'ordre. Vous ferez tout ce qu'il y a à faire. Je vous le confie. Vous pouvez aller partout où vous voulez, sauf dans les écuries. La porte en est fermée et vous ne devez l'ouvrir sous aucun prétexte, au péril de votre vie. Souvenez-vous en.

ack acquiesça. Le géant descendit aux écuries, puis partit. Jack se mit alors à l'ouvrage. Il nettoya, rangea, remit tout en ordre. Le château était très grand mais très agréable. Ensuite il descendit dans la cour du château et nettoya toutes les dépendances sauf l'écurie. Quand il eut terminé, il alla devant l'écurie et la regarda longtemps. "Je me demande ce qu'il peut y avoir là-dedans et j'aimerais connaître la raison qui veut que je mette ma vie en péril si j'y entre ? Je ne vois pourtant pas où serait le mal."
Chacune des portes du château s'ouvrait grâce à un petit anneau pivotant au milieu de la porte. Jack s'approche de l'étable et tourne le petit anneau. La porte s'ouvre. Jack découvre à l'intérieur une jument et un ours. Ils sont apparemment affamés mais ne mangent pas car devant l'ours, il y a du foin et de la viande devant la jument.
- Mes pauvres amis, dit Jack, ce n'est pas étonnant si vous ne mangez pas ! Le géant a fait une gentille bévue en intervertissant vos aliments.
Il mit le foin devant la jument et la viande devant l'ours. Puis il ressortit en fermant la porte derrière lui. Mais son doigt resta emprisonné dans l'anneau. Il tira tant qu'il put mais ne pouvait plus l'en sortir.
Le pauvre Jack était très embarrassé. "Si à son retour, le géant me trouve coincé ici, je ne sais pas ce qui risque de se passer !" Il sort son couteau de sa poche, se coupe le doigt et le laisse là.

uand le soir, le géant revînt, il demanda à Jack :
- Eh bien, Jack, comment s'est passée cette journée ?
- Ça a été une belle journée, dit Jack, et elle s'est très bien passée.
- Montrez-moi vos deux mains !
Le géant vit qu'il lui manquait un doigt. Son visage s'obscurcit sous le coup de la colère.
- Jack ! Ne vous avais-je pas demandé au péril de votre vie de ne pas entrer dans cette écurie ?
Le pauvre Jack plaida sa cause comme il pouvait. Il dit qu'il n'avait pas eu l'intention d'y entrer, mais que sa curiosité avait été la plus forte. Il ne voulait qu'ouvrir la porte pour jeter un coup d'œil à l'intérieur.
- Tous ceux qui ont ouvert cette porte sont morts, dit le géant. Et je ne vous épargne que pour une seule raison : autrefois, le père de votre père a rendu à mon père un grand service. Je suis un homme qui n'oublie jamais une dette, et pour cette raison, je vous laisse la vie et vous pardonne. Mais si vous recommencez, je vous tuerai.
Jack promit bien sûr qu'il ne recommencerait plus. Il prît son dîner ce soir-là et alla se coucher.

e géant le réveilla le lendemain matin et lui dit :
- Jack, mon garçon, je ne dois pas être en retard à l'autre bout du monde pour combattre le géant des quatre vents. Vous savez ce que vous avez à faire. Nettoyez ce château et remettez-y de l'ordre. Vous pouvez aller partout où vous voulez, mais n'ouvrez pas la porte de l'écurie et n'y entrez pas, au péril de votre vie.
- Je m'occuperai de tout ! dit Jack.

e géant, ce matin-là encore, passa par l'écurie avant de partir. Après son départ, Jack se mit à l'ouvrage, allant d'une pièce à l'autre. Il nettoya, rangea, remit tout en ordre. Puis il sortit dans la cour et nettoya toutes les dépendances sauf l'écurie. Quand il eut terminé, il se planta devant la porte de l'écurie et se dit : "Je me demande ce que font l'ours et la jument et ce qu'a fait le géant quand il est entré pour les voir ? Je donnerais cher pour le savoir. Je vais y jeter un coup d'œil."

l enfila son doigt dans l'anneau de la porte, l'ouvrit et regarda. La jument et l'ours avaient leurs aliments inversés comme la veille et aucun des deux ne mangeait. Jack se dit : "Mes pauvres amis, ce n'est pas étonnant que vous ne mangiez pas ! Le géant a encore fait une bêtise en mettant la viande devant la jument et le foin devant l'ours."
Jack intervertit les aliments et aussitôt la jument et l'ours se mirent à manger de bon appétit. Jack sortit et referma la porte. Mais son doigt à nouveau resta coincé dans l'anneau ; il tira tant qu'il put, mais il ne pouvait plus l'en extraire.
- Oh ! Oh ! Oh ! se dit-il. Je suis mort ce soir.
Il sort son couteau de sa poche, se coupe le doigt et le laisse là.
Quand le soir, le géant revînt, il demanda à Jack :
- Eh bien, Jack, comment s'est passée cette journée ?
- Très bien ! Très bien ! dit Jack en gardant ses mains derrière son dos.
- Montrez-moi vos mains, Jack, que je voie si elles sont propres.
Jack montra ses mains. Le visage du géant s'obscurcit sous le coup de la colère.
- Ne vous ai-je pas pardonné hier d'être entré dans cette écurie ? Ne vous ai-je pas laissé la vie sauve ? N'aviez-vous pas promis de ne jamais y remettre les pieds ? Et qu'est-ce que je vois là ? "
Le géant pérora longtemps. Il était en rage. Il finit par dire : "Puisque le père de votre père a rendu un si grand service au mien, je suppose que je devrai épargner votre vie une seconde fois. Mais, Jack, si vous viviez cent ans et si vous les passiez toutes à mon service, et qu'au bout du compte, vous ouvriez cette porte pour mettre un seul pied dans mon écurie, alors je vous garantis que vous seriez un homme mort aussi sûr que vous avez une tête. Réfléchissez à cela !"

ack remercia infiniment le géant d'épargner sa vie et promit que plus jamais il ne lui désobéirait.
Le matin suivant, le géant réveilla Jack, lui dit qu'il partait combattre le géant à l'autre bout du monde et lui donna ses directives. Il le mît aussi en garde comme il l'avait fait les jours précédents. Il alla dans l'écurie avant de partir. Quand il se fut éloigné, Jack nettoya le château et toute les dépendances. Quand il eut tout terminé, il alla devant la porte de l'écurie.
- Je me demande, se dit-il, comment cette pauvre jument et ce pauvre ours ont été nourris aujourd'hui et ce que le géant des cent collines a fait ici ce matin ? Je crois que je vais jeter un tout petit coup d'œil !" et il ouvrit la porte.
Jack regarda à l'intérieur et vit la jument et l'ours qui bien que servis ne mangeaient ni l'un ni l'autre. Il y avait la viande devant la jument et le foin devant l'ours, tout comme les jours précédents.
- Mes pauvres amis, ce n'est pas étonnant que vous ne mangiez pas ! Et vous devez être plus qu'affamés." Il avance et fait les échanges de nourriture, les plaçant comme elles auraient dû être, le foin devant la jument, la viande devant l'ours.
Quand il eut fait cela, la jument lui dit :
- Mon pauvre Jack, je suis navrée pour vous. Cette nuit vous allez sûrement être tué. Et navrée pour nous aussi, car nous serons aussi sûrement tués que vous.
- Oh ! Oh ! Mais c'est terrible, dit Jack. N'y a-t-il rien que nous puissions faire ?
- Une seule ! dit la jument.
- Laquelle ? demanda Jack.
- Sellez-moi, harnachez-moi et fuyons très loin avant que le géant ne revienne.

ack fit ce que la jument lui avait conseillé. Ils étaient prêts à s'enfuir.
- Eh ! dit l'ours. Vous vous enfuyez tous les deux en me laissant ici ?
- Non, dit la jument, nous ne ferons pas cela. Jack, prenez les chaînes et attachez-moi à l'ours.
Jack attacha la jument à l'ours avec les chaînes, puis ils s'enfuirent tous les trois aussi vite qu'ils le pouvaient.
Très longtemps après, la jument dit : "Jack, retournez-vous et dites-moi ce que vous voyez !"
Jack regarda derrière lui. "Oh ! Je vois le géant des cent collines qui arrive comme une tempête. Il va nous rattraper et nous tuer tous les trois.
- Il nous reste une chance, dit la jument. Regardez dans mon oreille gauche et dites-moi ce que vous voyez !
Jack regarda dans son oreille gauche et y trouva une châtaigne.
- Jetez-la par-dessus votre épaule gauche !
Jack la jeta par-dessus son épaule gauche, et il sortit de terre une châtaigneraie longue de dix miles. Ils continuèrent leur course toute la journée et toute la nuit jusqu'à la mi-journée suivante.
- Jack, retournez-vous et dites-moi ce que vous voyez ! dit la jument.
Jack regarda derrière lui. "Oh ! Je vois le géant des cent collines qui se rapproche moissonnant tout sur son passage comme un ouragan.
- A-t-il quelque chose de particulier ?
- Oui ! Il a plein de buissons sur le sommet de la tête et beaucoup de volailles sont collées à ses pieds et à ses jambes comme s'il avait fait provision de bois de chauffage et de viande pour les années à venir. Je crois que nous sommes perdus, cette fois.
- Pas encore. Il nous reste une chance, dit la jument. Regardez dans mon oreille droite et dites-moi ce que vous voyez !
Jack regarda dans l'oreille droite de la jument et y trouva une goutte d'eau.
- Jetez-la par-dessus votre épaule gauche et regardez ce qui va se passer !

ack la jeta par-dessus son épaule gauche et aussitôt un lac de cent miles de large et de cent miles de profondeur, apparut entre eux et le géant.
- Maintenant, dit la jument, il ne peut plus nous rattraper qu'en se frayant un chemin dans le lac en en buvant son eau, et il boira très probablement jusqu'à s'en faire éclater. Nous serons alors complètement débarrassés de lui.

ack remercia Dieu et ils poursuivirent. Ils n'étaient plus très loin de l'Ecosse. Ils arrivaient à une grande forêt.
- Voici notre cachette, dirent la jument et l'ours.
- Et moi ? demanda Jack.
- Toi, Jack, tu dois continuer et entrer au service du roi d'Ecosse. Son château n'est plus très loin et je pense que tu y trouveras facilement un emploi. Mais je dois d'abord te transformer en hookedy-crookedy, c'est-à-dire en un répugnant petit bonhomme laid et difforme car le roi d'Ecosse a trois filles d'une grande beauté et il ne prendra jamais à son service un beau garçon comme toi par crainte que ses filles n'en tombent amoureuses.
La jument posa alors son naseau sur la poitrine de Jack et souffla son haleine sur lui et Jack fut transformé en hookedy-crookedy.
- Jack, dit la jument, avant de partir, regarde dans mon oreille gauche et prend ce que tu y vois.

ack sortit de l'oreille gauche de la jument un petit capuchon.
- C'est un capuchon magique, Jack. Chaque fois que tu le mettras et que tu feras un vœu, celui-ci sera exaucé. Et chaque fois que tu auras un problème que tu ne peux pas résoudre, viens me trouver et je verrai ce que je peux faire pour t'aider. Maintenant, bonne route.
Jack dit au revoir à ses amis et s'en alla. A la sortie de la forêt, il vit un château. Il s'y dirigea et rentra dans la cuisine. Une servante y nettoyait des couteaux. Il lui dit qu'il cherchait du travail. Elle lui répondit que le roi d'Ecosse ne voulait pas d'homme à son service et qu'il devait passer son chemin. Jack insista tellement en disant que le roi l'emploierait qu'à la fin, la fille lassée consentit à aller exposer son cas au roi.
Quand elle fut sortie, Jack enfila son capuchon magique et fit le souhait que couteaux et fourchettes fussent nettoyés. Aussitôt, couteaux et fourchettes qui formaient un tas de dix mètres de haut se mirent à briller comme neufs. Bien que le roi ne voulut pas qu'il entre à son service, quand il vit à quelle vitesse Jack avait récuré l'énorme tas de couteaux et de fourchettes, il accepta de le garder. Il fit descendre ses trois filles à la cuisine afin qu'elles rencontrent Jack, ainsi il pourrait se rendre compte de l'impression que Jack produirait sur elles. Quand elles eurent vu l'affreux petit bonhomme, toutes les trois s'évanouirent et durent être transportées dans leurs chambres.
- C'est parfait, dit le roi, nous te gardons.

ack obtint un emploi de jardinier.
A cette époque, le roi de l'Est déclara la guerre au roi d'Ecosse. Il avait une très puissante armée et menaçait le roi d'Ecosse de l'effacer de la surface du globe. Celui-ci était très inquiet. Il consulta son Grand Conseiller pour savoir quelle serait la meilleure solution et son Grand Conseiller lui dit qu'il devrait marier ses filles à des fils de rois : il obtiendrait de cette façon de précieux renforts en cas de guerre. Le roi trouva l'idée excellente.
Il envoya des messagers dans toutes les parties du monde pour répandre la nouvelle que ses trois filles à la beauté incomparable étaient à marier. Très peu de temps après, le fils du roi d'Espagne vînt à la cour et épousa l'aînée ; le fils du roi de France vînt à la cour et épousa la seconde et bon nombre de princes vinrent pour la plus jeune qui était la plus jolie des trois et se nommait Rose Jaune ; mais aucun ne lui convenait. Le roi la renvoya dans sa chambre en lui ordonnant de ne plus jamais reparaître devant lui.
Rose Jaune devint très triste et découragée. Elle passait la majorité de son temps à se promener dans le jardin dans lequel Hookedy-Crookedy s'occupait des fleurs. Elle prit l'habitude de venir près de lui pour bavarder. Il ne fallut pas longtemps au garçon pour qu'il se rende compte que Rose Jaune était tombée amoureuse de lui et son charme et sa beauté le touchèrent également.

e que le Grand Conseiller proposa ensuite au roi fut d'envoyer ses deux gendres, le Prince d'Espagne et le Prince de France, à la Source du Bout du Monde pour qu'ils en ramènent des bouteilles de Ioca. Le Ioca était un baume qui guérissait toutes les blessures et ramenait les morts à la vie. En les ayant sur le champ de bataille, le roi pourrait soigner ses blessés et ressusciter ses morts. Le roi enverrait ses gendres à la Source du Bout du Monde pour qu'ils lui rapportent les bouteilles de Ioca.
La Rose Jaune raconta tout cela à Hookedy-Crookedy. Quand il y eut bien réfléchi, il se dit : "Il faut que j'en parle à la jument et à l'ours."
Il se rendit dans la forêt et ses deux amis furent très heureux de le revoir. Il leur raconta tout ce qui lui était arrivé et dit que les deux gendres du roi devaient partir pour la Source du Bout du Monde le lendemain. Quel conseil pouvait lui donner la jument ?
- Jack, il faut que tu ailles avec eux. Prends un vieux cheval de chasse dans l'écurie du roi, un vieil animal osseux et efflanqué qui est au rebut et mets lui une vieille selle de paille. Couvre-toi des vêtements les plus déguenillés et les plus loqueteux que tu puisses trouver, et rejoint ces deux hommes sur la route. Dis leur que tu les accompagnes. Ils auront tellement honte de toi et de ton vieux cheval qu'ils feront tout pour se débarrasser de vous. Quand vous arriverez à un croisement, l'un d'eux proposera une halte pour vous désaltérer ; dans la discussion, ils te diront que vous devez vous séparer pour que chacun des trois emprunte un chemin différent afin de se rendre à la Source du Bout du Monde. Vous aurez rendez-vous à ce même endroit et le premier revenu avec les bouteilles pleines sera le plus grand des héros. Tu accepteras. Ils partiront chacun de leur côté mais ils n'iront pas loin. Ils rempliront leur bouteille à la première source commune qu'ils trouveront au bord de leur route. Et ils se dépêcheront de revenir sur le lieu de rendez-vous, puis rentreront au château du roi d'Ecosse pour lui donner ces bouteilles. Ils prétendront que ce sont des bouteilles de Ioca qui viennent de la Source du Bout du Monde. Mais tu seras arrivé avant eux. Tu suivras le chemin, mais passé le premier tournant, enfile ton capuchon magique et fais le vœu que tes bouteilles se remplissent de Ioca de la Source du Bout du Monde. Tu les auras ainsi."
C'est ainsi que la jument expliqua en détails à Jack ce qu'il avait à faire. Il la remercia, la salua et partit.

e lendemain, les deux gendres du roi partirent en grand équipage pour la Source du Bout du Monde. Ils n'étaient pas encore bien loin du château quand Jack les rattrapa. Il était en guenilles chevauchant sur une selle en paille une vieille haridelle blanche. Il leur dit qu'il les accompagnait. Ils furent choqués de l'apparence de Jack et décidèrent à tout prix de trouver le moyen de se débarrasser de lui. Quand ils atteignirent l'endroit où la route se divisait en trois, ils lui proposèrent de se désaltérer et que chacun parte sur un chemin différent. Le premier revenu serait le plus grand des héros. Tout le monde se mit d'accord et chacun partit sur un chemin différent.

uand Jack eut dépassé le premier virage, il enfila son capuchon magique et souhaita que ses deux bouteilles soient remplies de Ioca de la Source du Bout du Monde. A peine avait-il formulé son souhait qu'il était réalisé. Il fit donc demi-tour et quand les deux autres revinrent, ils furent stupéfaits de voir que Jack était revenu avant eux. Ils lui dirent qu'il n'était pas allé jusqu'à la Source du Bout du Monde et que ce n'était pas du Ioca qu'il avait mais de l'eau qu'il avait recueillie au bord du chemin.
Jack répondit : "Etes-vous sûr que ce n'est pas ce que vous avez fait vous-mêmes. Essayez donc votre eau. Quand vous verrez le serviteur, coupez-lui la tête et guérissez-le donc avec ce que contient vos bouteilles."

ls refusèrent tous les deux de se prêter à cette expérience sachant bien que l'eau de leurs fioles ne guérirait rien du tout. Ils mirent Jack au défi de le faire lui-même.
"Je le ferai le plus tôt possible !" répondit-il.
Quand le domestique arriva avec les fioles de Ioca, Jack dégaina son épée et lui coupa la tête. Dans la minute qui suivit, avec seulement deux gouttes de Ioca, la tête du domestique fut à nouveau sur ses épaules.
Ils dirent à Hookedy-Crookedy : "Qu'échangerais-tu contre tes deux bouteilles ?
- Je voudrais les boules d'or de votre serment de mariage et vous devez me permettre d'écrire quelque chose sur votre dos.
Ils acceptèrent. Ils donnèrent à Jack les deux boules d'or qui étaient la marque de leur engagement et ils laissèrent écrire Jack à même la peau nue de leurs dos. Et voilà ce que Jack écrivit : "Cet homme est marié illégitimement", puis il leur donna les bouteilles de Ioca ; ils les rapportèrent au roi et Jack retourna dans son jardin.
Il ne dit rien à Rose Jaune de l'endroit où il était allé, ni de ce qu'il y avait fait, seulement qu'il avait porté un message pour son père. Dès que le roi eut les bouteilles, il commanda à son armée de se préparer à la bataille pour le lendemain.

e lendemain à l'aube, Jack partit dans la forêt pour prendre conseil de la jument.
Il lui demanda ce qu'il devait faire. "Jack, dit la jument, regardez dans mon oreille gauche et prenez ce que vous y voyez." Jack regarda dans l'oreille gauche de la jument et en sortit une grande armure de combat. La jument lui dit de l'enfiler et de grimper sur son dos. En un éclair, Hookedy-Crookedy fut transformé en un très beau jeune homme impétueux. Jack, la jument et l'ours s'en allèrent tous les trois au combat. Tous ceux qu'ils croisèrent béaient d'admiration devant ce fier et noble cavalier qu'était devenu Jack. La rumeur parvint au roi qu'un grand prince allait participer au combat. Le roi vînt le trouver pour lui demander de quel côté il allait se ranger.
- Aujourd'hui, je ne combattrai qu'aux côtés du roi d'Ecosse.
Le roi le remercia très vivement et lui dit qu'il était sûr qu'ils seraient vainqueurs.

a bataille s'engagea avec Jack à la tête des troupes. Jack était sur tous les fronts, à l'est, à l'ouest, et chaque fois qu'il abaissait son épée, l'air qu'elle déplaçait projetait les maisons de l'autre côté du monde. Rapidement, le roi de l'Est dut battre en retraite avec son armée bien content d'être encore en vie. Le roi d'Ecosse proposa à Jack de l'accompagner dans son château car il voulait donner une grande fête en son honneur. Mais Jack refusa, il ne pouvait pas s'y rendre.
- Chez moi, personne ne sait où je suis. Je dois donc rentrer le plus vite possible.
- Le moins que je puisse faire dans ce cas, dit le roi, est de vous offrir un présent. Voici une nappe. Partout où vous la déploierez, elle se couvrira de mets et de boissons de toute sorte.
Jack la prit, remercia le roi et s'éloigna sur son cheval. Il laissa la jument et l'ours dans leur domaine de la forêt et redevînt Hookedy-Crookedy. Il regagna son jardin. La Rose Jaune lui parla du noble chevalier qui avait remporté la bataille pour son père.
- Bien, dit-il, c'était sûrement un noble compagnon. C'est dommage que je n'aie pu être là, mais j'ai dû porter un message pour le roi.
- Mon pauvre Hookedy-Crookedy, qu'auriez-vous pu faire si vous aviez été là ?

ack revînt trouver la jument le lendemain.
- Jack, dit-elle, regarde à l'intérieur de mon oreille gauche et prend ce que tu y trouves.
Jack sortit de l'oreille gauche de la jument, une armure de combat galonnée d'argent, la plus magnifique qu'il ait jamais vue. Il la revêtit et grimpa sur le dos de la jument. Jack, la jument et l'ours s'en allèrent tous les trois au combat. Tous ceux qu'ils croisèrent béaient d'admiration devant ce fier et noble cavalier qu'était devenu Jack. La rumeur parvint au roi qu'un grand prince allait participer au combat. Le roi vînt le trouver et lui souhaita la bienvenue.
- Votre frère est venu se battre hier, dit le roi. C'est un très vaillant et très noble compagnon. De quel côté allez-vous combattre ?
- Je ne combattrai pour aucune autre armée que la vôtre, lui répondit Jack.
Le roi le remercia très vivement et lui dit qu'il était sûr qu'ils seraient vainqueurs.

a bataille s'engagea avec Jack à la tête des troupes. Jack était sur tous les fronts, à l'est, à l'ouest, et chaque fois qu'il abaissait son épée, l'air qu'elle déplaçait faisait s'envoler les forêts à l'autre bout du monde. Rapidement, le roi de l'Est dut battre en retraite avec son armée bien content d'être encore en vie. Le roi d'Ecosse proposa à Jack de l'accompagner dans son château car il voulait donner une grande fête en son honneur. Mais Jack refusa, il ne pouvait pas s'y rendre car les siens ne savaient pas où il était et se feraient du souci tant qu'ils ne les auraient pas rejoints.
- Le moins que je puisse faire dans ce cas, dit le roi, est de vous offrir un présent. Voici une bourse. Vous pourrez y puiser tant que vous voudrez et acheter ce que vous voudrez, elle ne sera jamais vide.
Jack la prit, remercia le roi et s'éloigna sur son cheval. Il laissa la jument et l'ours dans leur domaine de la forêt et redevînt Hookedy-Crookedy. Il regagna son jardin. La Rose Jaune vînt le rejoindre et lui raconta la belle victoire du noble et beau chevalier, le frère du joli compagnon de la veille, qu'il avait remportée pour son père.
- Bien, dit Jack, cette bataille a dû être en tous points extraordinaire. Je suis désolé de ne pas y avoir assisté, mais j'ai dû porter un message pour votre père.
- Mais, mon pauvre Hookedy-Crookedy, c'était aussi bien ainsi car qu'auriez-vous pu faire ?
Trois jours plus tard, le roi de l'Est, ayant retrouvé son courage, décida de reprendre le combat. Le matin de la bataille, Jack s'en vînt trouver la jument pour prendre ses conseils.
- Jack, dit-elle, regarde à l'intérieur de mon oreille gauche et prends ce que tu y trouves.

ack sortit de l'oreille gauche de la jument, l'armure de combat, la plus splendide qu'il lui fut donné de voir. Elle était tressée de fils d'or et possédait tous les plus beaux ornements. Il la revêtit et grimpa sur le dos de la jument. Jack, la jument et l'ours s'en allèrent tous les trois au combat. Le roi très vite entendit dire qu'un prince d'une richesse extraordinaire, chevauchant une jument et accompagné d'un ours venait pour combattre. Le roi vînt lui souhaiter la bienvenue et lui raconta comment ses deux frères avaient en son nom, glorieusement remporté les deux dernières victoires. Il lui demanda de quel côté il allait se ranger.
- Je ne livrerai combat aujourd'hui qu'aux côtés du roi d'Ecosse.
Le roi le remercia très vivement et lui dit : "Nous remporterons sûrement la victoire."
La bataille s'engagea avec Jack à la tête des troupes. Jack était sur tous les fronts, à l'est, à l'ouest, et chaque fois qu'il abaissait son épée, l'air qu'elle déplaçait culbutait les montagnes à l'autre bout du monde. Rapidement, le roi de l'Est et ceux de son armée qui étaient encore en vie prirent leurs jambes à leur cou et ne s'arrêtèrent de courir qu'à l'ultime extrémité du monde. Le roi d'Ecosse vînt trouver Jack et le remercia très chaleureusement en lui disant qu'il ne pourrait jamais rembourser la dette qu'il lui devait. Il l'invita à l'accompagner à son château car il voulait donner une petite fête en son honneur. Mais Jack ne pouvait pas s'y rendre car les siens ne savaient pas où il était et se feraient du souci pour lui.
- Mais, dit-il, mes frères et moi, nous viendrons participer à votre fête un jour prochain.
- Quel jour viendrez-vous tous les trois ? demanda le roi.
- Un seul d'entre nous peut s'absenter pour une seule journée. Je reviendrai demain, mon second frère après-demain et mon troisième frère le jour d'après.

e roi satisfait le remercia.
- Et maintenant, dit le roi, laissez-moi vous offrir ce présent.
Il lui remit un peigne qui, chaque fois qu'il se peignerait, ferait tomber de sa chevelure des buissons d'or et d'argent et de plus, avait le pouvoir de transformer le plus laid des hommes en l'homme le plus beau et le plus noble.
Jack le prit, remercia le roi et s'éloigna sur son cheval. Ce jour-là comme les jours qui avaient précédé, on remit sur pieds les morts et les blessés grâce aux bouteilles de Ioca. Jack laissa la jument et l'ours dans leur domaine de la forêt et redevînt Hookedy-Crookedy. Il regagna son jardin. La Rose Jaune vînt le rejoindre et lui raconta la merveilleuse histoire qui s'était déroulée le jour même quand un superbe chevalier, terrible dans sa vaillance et son courage avait remporté la victoire pour son père. C'était le frère des deux braves qui avaient vaincus les jours précédents.
- Bien, dit Jack, ce sont sûrement de fameux guerriers. J'avais espéré pouvoir être là, mais j'ai dû m'absenter toute la journée. J'avais un message à porter pour votre père.
- Oh, mon pauvre Hookedy-Crookedy, c'était aussi bien ainsi car qu'auriez-vous pu faire ?

e lendemain, quand l'heure du dîner fut proche, il se rendit dans la forêt et enfila l'armure qu'il avait portée la veille, monta la jument et se rendit au château. Toutes les portes en étaient fermées. Il amena la jument au pied des murailles qui mesuraient neuf miles de haut et la fit sauter par-dessus.
Le roi réprimanda les gardes des portes, mais Jack dit que c'était une broutille qui ne lui avait causé aucun tort pas plus qu'à sa jument. Après le repas, le roi lui demanda ce qu'il pensait de ses deux filles et de leurs maris. Jack dit qu'ils étaient très sympathiques et lui demanda s'il n'avait pas d'autres enfants. Le roi lui répondit qu'il avait encore une fille, la cadette, mais que comme elle avait repoussé tous les prétendants qu'il lui avait proposés, il l'avait bannie de sa vue. Jack dit qu'il aurait aimé la rencontrer. Le roi dit qu'il ne souhaitait pas la revoir mais qu'il ne pouvait refuser à Jack cette requête ; il envoya chercher la Rose Jaune. Jack lui fit un peu la conversation et utilisa tous les artifices pour la séduire, mais, de toute évidence, elle ne reconnut pas en ce noble Jack le laid petit Hookedy-Crookedy. Il lui dit qu'on lui avait rapporté qu'elle avait eu le très mauvais goût de tomber amoureuse d'un affreux petit bonhomme tout tordu qui travaillait dans le jardin de son père.
- J'ai un noble caractère, je suis un prince qui a du bien et je me donnerai à vous ainsi que tout ce que je possède si vous vous contentez de dire que vous m'acceptez pour époux.

lle fut furieuse de se voir injuriée de la sorte et le lui montra très vite.
- Je ne resterai pas un instant de plus assise ici à écouter un homme qui insulte celui que j'aime.
Et elle se leva pour partir.
- J'aime beaucoup votre caractère ; aussi avant que vous ne partiez, je vais vous faire un petit cadeau." Il lui montra la nappe. "Si vous épousez Hookedy-Crookedy, aussi longtemps que vous posséderez cette nappe, vous ne manquerez ni des mets, ni des boissons les meilleurs." Les deux autres sœurs essayèrent de s'emparer de la nappe, mais Jack la tenait fermement et les mit dehors.

e jour suivant, Jack portait la même armure que celle qu'il avait lors de la seconde bataille. Il dut à nouveau faire sauter la jument par-dessus les murailles. Le roi se mit à nouveau en colère contre la garde des portes, mais Jack minimisa ce fait en disant que ce n'était pas grave. Après le repas, le roi lui demanda ce qu'il pensait de ses deux filles et de leurs maris. Jack dit qu'ils étaient très sympathiques et lui demanda s'il n'avait pas d'autre fille. Le roi lui dit : "Je n'en ai pas d'autre, ou plutôt j'en ai une qui ne fait rien de ce que je lui demande et qui est amoureuse d'un affreux petit bonhomme contrefait qui travaille dans mon jardin. Je lui ai ordonné de ne plus jamais se présenter devant moi." Jack dit qu'il aimerait beaucoup la rencontrer. Le roi lui dit que pour s'acquitter de sa dette, il consentait à revenir sur sa décision et acceptait qu'elle vienne. Ainsi la Rose Jaune fut introduite dans la pièce et Jack lui fit un brin de conversation. Il fit tout ce qu'il put pour la rendre amoureuse de lui, fit valoir ses grandes richesses et ses nombreux biens et les lui offrit à condition qu'elle l'épouse. Elle pourrait ainsi vivre le restant de ses jours dans le luxe, la facilité et le bonheur, ce qu'elle ne pourrait jamais obtenir avec Hookedy-Crookedy.

ais la Rose Jaune en fut très irritée : "Je ne veux pas rester plus longtemps ici à écouter de tels discours" et elle se leva pour s'en aller.
- J'aime beaucoup votre caractère ; aussi avant que vous ne partiez, je vais vous faire un petit cadeau." Il lui montra la bourse. "Chaque jour de votre vie aux côtés d'Hookedy-Crookedy, vous n'aurez jamais besoin d'argent, car cette bourse ne sera jamais vide." Ses sœurs essayèrent de s'en emparer, mais Jack les poussa dehors. Jack ramena la jument dans sa forêt.

uand il revînt dans le jardin, il était à nouveau Hookedy-Crookedy et prétendit qu'il avait servi de messager au roi.
Le troisième jour, il retourna encore dans la forêt. Il réenfila l'armure qu'il portait lors de la première bataille et quand il fut devant les murailles du château, il dut à nouveau faire sauter la jument par-dessus. Le roi réprimanda les gardes des portes et Jack lui dit que cela n'avait pas d'importance et que ce n'était qu'un détail pour lui et pour sa jument.

ls firent à nouveau un banquet le soir et au cours de la discussion qui suivit, le roi lui demanda s'il aimait ses deux filles et leurs maris. Il déclara qu'ils les aimaient beaucoup et demanda s'il n'y avait pas une autre fille. Le roi lui dit que non exceptée une demi-folle, une écervelée qui ne faisait pas ce qu'il lui demandait mais qui s'était amourachée d'un affreux petit bonhomme contrefait qui travaillait dans son jardin. Il ne voulait plus la voir. Jack dit :
- J'aimerais beaucoup rencontrer cette jeune fille.
Le roi dit qu'il ne pouvait rien lui refuser ; il envoya chercher Rose Jaune. Quand elle fut là, Jack entama la conversation avec elle et fit tout ce qui était en son pouvoir pour qu'elle tombe amoureuse de lui. Mais cela fut inutile. Il fit valoir sa grande richesse et ses nombreux biens et lui dit que si elle acceptait de l'épouser, tout cela serait à elle et que jusqu'à la fin de sa vie, elle serait la plus heureuse des femmes. Par contre, si elle persistait à préférer Hookedy-Crookedy, elle aurait un époux affreux et ne serait jamais libre de faire ce qu'elle voulait.

i la Rose Jaune avait été irritée les deux journées précédentes, ce ne fut rien à côté du bouillonnement de rage qu'elle ressentit alors. Elle dit qu'elle ne voulait pas en entendre davantage, qu'à ses yeux Hookedy-Crookedy était bien plus noble et bien plus beau que lui ou que n'importe quel fils de roi, que s'il était dix fois plus beau et cent fois plus riche, elle n'échangerait pas le petit doigt d'Hookedy-Crookedy contre lui, toutes ses richesses et tous ses biens et elle se leva pour s'en aller.
- J'aime beaucoup votre caractère et j'aimerais vous offrir ce petit cadeau. C'est un peigne. Chaque fois que vous l'utiliserez, de votre chevelure sortiront des buissons d'or et d'argent et de plus, il fera de l'homme le plus laid, le plus beau du monde.
Quand ses sœurs entendirent cela, elles se précipitèrent sur elle pour lui arracher le peigne mais Jack les repoussa si violemment que leurs époux lui sautèrent dessus. D'un revers de la main, Jack assomma les deux maris qui s'écroulèrent évanouis sur le sol. Le roi se mit en colère et lui dit :
- Comment osez-vous lever la main sur les deux hommes les plus purs et les plus courageux du monde entier ?
- Pur et courageux, laissez-moi rire, dit Jack. Ils ne valent pas plus cher l'un que l'autre et ne méritent même pas d'être vos gendres !
- Comment osez-vous dire cela ?
- Déshabillez-les et voyez vous-même leurs dos.
Le roi vit alors qu'il y était écrit "Cet homme est marié illégitimement".
- Qu'est-ce que cela signifie ? demanda le roi. Ils sont mariés légitimement à mes filles et en possèdent les preuves en or.
Jack sortit de sa poche les boules d'or et les tendit au roi.
- C'est moi qui les ai.

a Rose Jaune était retournée dans son jardin pendant l'altercation. Jack fit asseoir le roi et lui raconta toute l'histoire, en particulier comment il s'était procuré les boules d'or. Il lui raconta comment il était devenu Hookedy-Crookedy. Il lui rapporta que la plus jeune de ses filles dont le roi pensait tant de mal avait refusé d'échanger Hookedy-Crookedy contre celui qu'elle avait cru être un riche prince. Le roi, vous pouvez en être sûr, était maintenant plus que jamais prêt à lui accorder tout ce qu'il désirait. Deux gouttes de Ioca réveillèrent les deux fils de roi et à la demande de Jack, on les autorisa à partir pour vivre où ils voulaient. Jack raccompagna la jument dans sa forêt et revînt dans le jardin sous l'apparence d'Hookedy-Crookedy. Il raconta à la Rose Jaune qu'il avait été récolter des airelles.
- Oh, dit-elle, j'ai quelque chose pour vous. Laissez-moi vous peigner.
Hookedy-Crookedy posa sa tête sur ses genoux. De sa chevelure, sortit un buisson d'or et d'argent et quand il se redressa, ce n'était plus Hookedy-Crookedy qu'elle avait devant elle mais le beau prince qui, par trois fois, avait essayé de gagner son cœur dans le salon de son père. Jack lui raconta alors toute son histoire que Rose Jaune, enchantée, écouta avec délice.

ls se marièrent peu de temps après. Le mariage dura une année et un jour. Pour accompagner la noce, il y avait cinq cents violoneux, cinq cents joueurs de flûte et mille joueurs de fifres et le dernier jour fut plus beau que le premier.
Peu de temps après leur mariage, Jack et son épouse sortirent un jour pour faire une petite promenade à pied. Ils croisèrent une très belle jeune femme. Jack la salua très courtoisement, mais elle répondit à peine.
- Vos manières n'ont pas la qualité de votre apparence, lui dit Jack.
- Aussi mauvaises soient-elles, elles sont meilleures que votre mémoire, Hookedy-Crookedy.
- Que voulez-vous dire ?
Elle fit signe à Jack de s'approcher et lui dit :
- Je suis la jument qui fut si bonne pour vous. L'enchantement auquel j'étais soumise est maintenant levé. L'ours était mon frère, mais lui aussi a retrouvé son enveloppe humaine. J'avais espéré que vous m'épouseriez, mais je vois que vous m'avez très rapidement oubliée. Cela n'a plus d'importance maintenant. Je ne pourrais vous souhaiter une plus jolie et une meilleure épouse que celle qui est à vos côtés. Rentrez à votre château, soyez heureux et vivez bien. Je ne vous reverrai plus et vous ne me trouverez plus jamais sur votre route.

Par Elen - Publié dans : contes
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